25 février 2008
Avec VIVACODE, la VOD devient vivable
L’accès à la vidéo gratuite n’a jamais été aussi facile, riche et qualitatif, car l’offre gratuite de contenu a proliféré. La TNT et l’offre ADSL de base satisfont une bonne partie de la demande. Avec la catch-up TV, le streaming et le téléchargement, le spectateur a un large choix. Moins disponible et plus exigeant, il devient beaucoup plus sélectif vis-à-vis des offres payantes.
Aujourd’hui, l'intérêt pour la vidéo-à-la-demande n'est pas sans rappeler l'engouement qu'avait suscité le DVD à sa sortie. La VOD est un moyen innovant d'accès à la vidéo sur Internet, avec une liberté inégalée. "Reste à accompagner la maturation et le développement des habitudes de consommation avec l’amélioration progressive des catalogues et la mise au point d’offres fidélisantes", comme l'indique la dernière étude du CNC sur les nouvelles formes de consommation des images.
A la différence des majors, qui tentent de proposer une offre payante sur Internet, pour réagir face au piratage, quelques start-ups issues de la culture Internet développent des architectures techniques, pour (agir) répondre à un besoin réel. Ce besoin, c'est la consommation de contenu audiovisuel en ligne on demand.
Ainsi, avec Internet, c'est quand je veux, où je veux, comme je veux. VIVACODE l'a bien compris. Cette jeune entreprise innovante propose un système de maîtrise de la dissémination des contenus multimédias sans DRM, qui assure aux auteurs, producteurs et distributeurs de ne pas être privés de leurs droits sur le Web. Plus qu'un simple outil de distribution sécurisée, VIVACODE permet d'utiliser la puissance virale d'Internet.
Les avantages comparatifs sont indéniables. Avec le .fun (Format Universel Numérique) conçu par VIVACODE, les fichiers deviennent multi-plateformes et multi-formats. Le fait qu'une clé et un lecteur uniques soient générés à chaque demande de lecture, permet d'éviter l'un des principaux freins à l'expansion de la VOD, à savoir le coût d'encodage. De plus, pas besoin d'être forcément connecté au réseau pour visionner la vidéo téléchargée.
Pour l'instant, le gros de l'activité de VIVACODE est réalisé dans le domaine du e-learning. Espérons que les producteurs et distributeurs cinéma vont vite réaliser le potentiel de cette technologie pour rendre viables les modèles économiques sur Internet et commencer à établir une offre homogène et conviviale pour le consommateur final.
20 février 2008
Pour ou Contre le social networking ?
Je viens de lire un dossier très intéressant dans Chronic'art de ce mois-ci, consacré à la Netocracy, un livre qui vient d'être publié en France, dans lequel les auteurs, deux suédois Alexander Bard et Jan Söderqvist, exposent une nouvelle théorie des rapports de force dans la société de l'information (Netocrate versus Consomtariat).
Dans le dossier figure un interview d'Adam Greenfield, l'un des plus éminents architectes de l'information, qui a récemment publié EveryWare, la révolution de l'Ubimédia, où il analyse l'omniprésence des technologies de l'information dans le paysage quotidien. Au journaliste qui lui demande comment arriver à faire le tri dans le trop-plein informationnel qui nous entoure, il répond :
"Je pense que le social networking à la Facebook n'est pas simplement inutile : c'est aussi une activité pernicieuse, injurieuse même par rapport à notre capacité de construire des relations humaines sensées. Nous devrions tous pouvoir repérer la vacuité de certaines tendances et rejeter les produits ou les services qui vont à l'encontre de la complexité et de la profondeur humaine. En ce qui concerne le social networking, honnêtement, la meilleure façon de gagner le jeu, c'est encore de refuser d'y jouer".
Moi qui suis sur Facebook et Myspace, mais sans trop de conviction, je trouve cette réflexion assez sensée. Ca prend du temps, c'est souvent très superflue et superficiel, et en plus c'est une prise d'otage des internautes par l'industrie capitaliste. Même si être pour ou contre les réseaux sociaux est un faux débat il me semble, puisqu'il ne sert à rien de lutter contre ce nouveau média qui ne va pas tuer les échanges sociaux dans le monde physique, il est important de cultiver un esprit critique pour faire évoluer la technologie et les pratiques, pour ne pas se laisser enfermer et manipuler.
22 janvier 2008
"Je ne volerais pas 1 voiture… mais je télécharge des films"
A lire aujourd'hui, un article paru sur Ecrans.fr. La journaliste Astrid Girardeau y décrit la nouvelle campagne pro-partage du groupe des Verts/Alliance libre européenne qui s'insurge contre "la propagande anti-piratage de l'industrie du divertissement".
Voici un petit extrait de leur campagne, qui selon moi résume très bien la problématique actuelle : "L’industrie des médias n’a pas réussi à offrir des alternatives légales viables et ils n’ont pas réussi à convaincre les consommateurs que le partage était du vol. Malheureusement, ils ont réussi dans un autre domaine — le lobbying pour faire des lois pour criminaliser le partage, en tournant les consommateurs en criminels. Ils affirment que leurs lois sont nécessaires pour soutenir les artistes, mais en réalité, elles sont là pour protéger leurs propres bénéfices.
La résistance s'organise !
21 janvier 2008
La distribution des films par Internet avance
La semaine dernière, j'ai pu enfin rencontrer Pierre Col, responsable marketing et business développement d'UbicMedia. Cette jeune entreprise a développé PUMit, une technologie "post-DRM" qui permet de diffuser du contenu (films, musique) sur Internet. Tout ceci est franco-français et très prometteur !
Le point de départ de PUMit : Comment faciliter la circulation des œuvres sur Internet sans la freiner à coup de DRM ou de piratage abusifs ?
Le fonctionnement de PUMit : L'ayant droit va sur le site pour y mettre le fichier source. PUMit sépare le fichier en deux parties. D'un côté, un "fichier nomade" MPEG4 contenant 95 à 99 % du contenu librement copiable et rediffusable. De l'autre, un flux de contrôle envoyé par le serveur PUMit à très faible débit, qui va reconstituer le contenu original. L'ayant droit définit les conditions de diffusion, la zone géographique, les prix. Il peut ensuite à tout moment modifier ces conditions directement sur le site.
L'utilisation concrète de PUMit : Les fichiers peuvent être distribuer via les systèmes de P2P, performants et très utilisés. L'utilisateur va alors télécharger le fichier et par exemple pouvoir visionner les 2 premières minutes puis sera invité à payer 2 € pour pouvoir voir le fichier dans son intégralité. Ou alors le site d'un festival, comme celui du festival Cinéma Nouvelle Génération pourra proposer en VOD les films en compétition. PUMit, lui, se rémunère sur un pourcentage fixe par unité achetée et pour chaque visionnage.
Pourquoi PUMit a un avenir prometteur : Idéal pour les producteurs indépendants, adapté aux nouvelles attentes de tester avant de payer pour un téléchargement, répondant à un besoin d'économie de bande passante, simple et souple, PUMit est un système très séduisant, tant pour l'utilisateur que pour l'ayant droit.
Pourquoi PUMit ne pourra pas devenir, en l'état, un standard pour la distribution de films sur Internet : Accessible seulement pour les utilisateurs de PC, les adeptes de Mac devront attendre. Le multi-plateforme demeure cependant un gage de réussite pour les futurs systèmes de distribution de contenu sur Internet.
15 janvier 2008
Mais où va le web !?
Depuis quelque temps, je travaille sur un projet d'article autour du "web 3.0", une nouvelle évolution d'Internet.
Bon alors, vous allez me dire "c'est quoi ça, le web 3.0 ? Ah bon, mais je savais même pas qu'il y avait un web 2.0 ! Et puis ça veut dire quoi au juste tout ça !?".
Je vais vous épargner les termes techniques et autres explications "geek". Mais il est en tous cas essentiel de comprendre le monde virtuel dans lequel nous évoluons.
Disons que, depuis ses débuts, Internet a connu une certaine évolution. C'est ce qu'on a appelé l'ère du web 2.0. De la simple vente de chaussures sur un site, il est désormais possible de commander l'édition d'un livre "à la demande" sur Amazon. Après l'appropriation de la toile par les entreprises, ça a été au tour des utilisateurs, avec les réseaux sociaux et le "user generated content". Internet est devenu plus conviviale.
Admettons ; mais alors certains commencent à parler de "web 3.0" et de "web sémantique". kezako !? Mythe ou utopie concrète ?
Du coup il va me falloir finir mon article pour pouvoir vous expliquer tout cela bien clairement… Mais pour commencer, voici une petite vidéo expliquant très simplement ce qu'est le web sémantique, un projet de web intelligent :
25 novembre 2007
Lutte contre le piratage : permis à point sur Internet
Si l'offre légale sur Internet ne parvient pas vraiment à endiguer le piratage, ce n'est pas faute de chercher les formules. Si possible magiques comme l'espèrent les industries culturelles. Paiement à l'unité, systèmes d'abonnement, recettes publicitaires pour payer les ayants droit, tout le monde traque frénétiquement la pierre philosophale.
Mais qui sont ces pirates, ces "hors-la-loi", si l'on reprend les termes de notre cher président (voir son discour) ? Quel est ce "Far Ouest high-tech", cette "zone de nom droit" numérique ? La situation demeure complexe. Un individu qui s'abonne à des formules d'accès à Internet haut débit est tout aussi bien un consommateur de produits en ligne, qu'il faut donc choyer, qu'un pirate en puissance, capable de télécharger toutes sortes de contenus.
Le gouvernement s'est ainsi lancé à l'abordage du piratage, aux côtés des industries culturelles. En septembre dernier, Christine Albanel, ministre de la Culture, confie à Denis Olivennes, PDG de la Fnac, une double mission : lutter contre le piratage et développer l'offre légale. Les conclusions du "rapport Olivennes" sont tombées hier, accompagnées d'un accord tripartite (Etat ; professionnels de l'audiovisuel, du cinéma, de la musique ; fournisseurs d'accès à Internet).
En résumé, l'accord prévoit :
- des mesures de filtrages des contenus sur Internet,
- l'envoi de messages d'avertissement aux internautes fraudeurs,
- et en cas de récidive, une suspension, voire une résiliation de leur abonnement Internet.
En échange, les ayants droits et majors s'engagent à quelques concessions :
- l'abandon total des DRM (mesures de protection qui empêche de lire sur plusieurs terminaux un morceau de musique acheté en ligne),
- la sortie des films en VOD sera désormais alignée sur celle des DVD (6 mois après la sortie en salle, contre 7 et demi actuellement).
Alors que l'industrie du disque a enregistré une nouvelle baisse de son activité de 22 % sur les neuf premiers mois de l'année et que les ventes de DVD commencent à baisser dans l'Hexagone, le gouvernement fait le pari, en se basant sur des exemples étrangers, que de simples avertissements suffisent dans la majorité des cas à dissuader les internautes de s'adonner à des pratiques illégales de partage de fichiers (P2P). Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, les messages d'avertissement expérimentés par Time Warner Cable ou British Telecom auraient suffi dans 90 % des cas à mettre fin à ces pratiques.
Après un échec relatif de l'application de la loi DADVSI, qui prévoyaient des peines de prison pour les contrefacteurs, le nouveau gouvernement préfère désormais une approche graduée avec des peines civiles et non plus pénales. Il s'agit d'une nouvelle mouture inspirée notamment de la politique mise en place pour le permis de conduire : deux messages d'avertissement puis le passage aux sanctions. Le rapport prévoit une première suspension de l'abonnement de dix à quinze jours en cas de récidive puis, stade ultime, une résiliation du contrat de l'abonné et son inscription dans un fichier d'internautes radiés, sorte de "liste noire", pendant une durée qui pourrait tourner autour d'un an.
"C'est un accord important par ses mesures, et surtout l'unanimité", a assuré M. Olivennes. Pourtant, l'Adami (société de gestion collective des droits des artistes-interprètes) regrette "que les organisations représentant les consommateurs et le public n'aient pas fait partie des négociations de cet accord, alors que l'efficacité des dispositifs destinés à lutter contre la gratuité dépend aussi du consentement du public et donc de son adhésion aux objectifs poursuivis".
"Nous n'avons jamais dit que nous allions éradiquer le piratage, conclut Olivennes ; mais seulement le rendre plus compliqué et plus coûteux pour les petits téléchargeurs ordinaires." Presque immédiatement, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer des mesures répressives, leur inefficacité démontrée et la systématisation des sanctions à travers la mise en place d'une autorité administrative indépendante toute-puissante. "Je veux bien que l'on m'accuse d'être liberticide, ironise M. Olivennes, mais quatre avertissements pour en arriver là, ça ne me paraît pas être un régime de sanctions digne de la Chine ou de la Corée du Nord."
"Surenchère répressive", "police privée du Net", "justice parallèle". Le mots fusent. Les associations de défense des internautes, comme la ligue Odebi, rappellent qu'il est "inacceptable que le pouvoir du juge soit transféré à une autorité dotée des moyens humains et techniques nécessaires à l'avertissement et à la sanction, et chargée d'appliquer le mécanisme de la riposte graduée".
Les industriels de la musique font un pas vers l'ouverture et s'engagent à abandonner les DRM sur les œuvres françaises dans l'année suivant l'instauration de ce dispositif de riposte. Les industriels de l'audiovisuel et du cinéma offrent quant à eux une contrepartie et sont prêts à réduire le laps de temps entre la sortie en salle et la distribution en vidéo à la demande. C'est toujours ça de pris. Mais le jeu en vaut-il la chandelle ?
Force est de constater l'impossibilité juridique des mesures envisagées, notamment à cause des réseaux Wi-Fi, trop perméables qui ne permettraient pas de savoir qui a réellement utilisé la connexion Internet filaire. De plus, quant à la mise ne place de systèmes de filtrage, comment accepter que des personnes privées puissent filtrer et vérifier des échanges privés, licites ou non ? Ensuite, le fait, en cas de récidive du pirate, de devoir couper la connexion à Internet ne réjouit aucun fournisseur d'accès. En débranchant Internet, on risque de couper aussi le téléphone et la télévision pour les abonnés aux offres triple play.
Cerise sur le gâteau, le discours prononcé par le président de la République, lors de la remise officielle de l'accord. La vision d'Internet exprimée par Sarkozy donne à penser : "C'est à une véritable destruction de la culture que nous risquons d'assister." "Pourquoi le citoyen ordinaire, habituellement respectueux de la loi, préférerait s'approvisionner dans des entrepôts clandestins." "(…) des comportements moyenâgeux, où, sous prétexte que c'est du numérique, chacun pourrait librement pratiquer le vol à l'étalage." Et enfin, ma préférée : "La France va retrouver une position de pays leader dans la campagne de civilisation des nouveaux réseaux." (nostalgie de l'époque coloniale ?…)
Ces propos ont immédiatement fait réagir l'April (association française de défense et promotion du logiciel libre), qui considère Nicolas Sarkozy totalement incompétent dans le domaine : "Il parle de comportements moyenâgeux, de vol, mais c'est son discours qui est d'une autre ère et montre qu'il n'a pas compris les différences fondamentales entre biens matériels et créations immatérielles".
Concernant le calendrier de mise ne place de cet accord, le Parlement ne débattra manifestement qu'après les municipales et l'autorité indépendante n'aura sans doute de vrais moyens qu'en 2009. Quant au chef de l'Etat, il a donné rendez-vous dans six mois aux signataires de l'accord "pour faire le bilan" de son application et si besoin est, faire évoluer l'accord. Denis Olivennes nous prévient cependant que le système "ne sera efficace que si son application es massive et systématique". A bon entendeur…
22 octobre 2007
Internet, premier moyen de communication des Français
Sur son portail de la société de l’information, le gouvernement nous informe que, selon une étude de Médiamétrie de septembre 2007,
Internet est désormais le premier moyen de communication privée entre les Français (avec 37 % des communications) devant le téléphone portable (32,1 %) et le téléphone fixe (30,9 %). Et de plus en plus de détenteurs de téléphone portable ont désormais Internet sur leur mobile (58 %).
La révolution est en marche !
17 octobre 2007
Radiohead et l'économie du don
Radiohead vient de mettre en ligne son dernier album, In Rainbows. Le célèbre groupe anglais n'est plus rattaché à un label. Il a ainsi décidé de distribuer son album directement sur son site officiel.
Les amateurs de bon son peuvent télécharger l'album en toute légalité et choisir le montant, ou bien choisir de recevoir par la Poste le coffret CD deluxe contre un prix fixe.
Le prix minimum pour télécharger n'est rien de moins que £ 0.45 (frais de réglement par carte de crédit). Après avoir rempli quelques renseignements personnels, un lien Internet est donné, d'où l'heureux cyber-client peut télécharger les 10 morceaux, sans système de protection numérique (DRM).
Ce n'est pas la première fois qu'un artiste décide de distribuer gratuitement sa musique. Prince a ainsi lancé en juillet dernier son album 3121 en offrant son CD aux acheteurs du Daily Mail. Jamiroquai et Oasis, deux grands noms de la musique qui n'ont eux aussi pas de label, seraient également en train de considérer l'alternative de la distribution gratuite.
Mais comment les artistes arrivent-ils à se rémunérer ? Sachez que les internautes qui auront choisi de ne rien payer pour télécharger l'album de Radiohead vont cependant devoir fournir des informations personnelles lors de leur inscription, informations qui seront utilisées pour les futures campagnes promotionnelles. Et Radiohead aura eu toutes ces infos pour peanut.
Les albums gratuits augmentent également la demande pour les concerts et les produits physiques. Prince, par exemple, après avoir distribué gratuitement son album, avait annoncé 21 dates de tournée à Londres. Tous les concerts affichaient complet.
Cela ne signifie pourtant pas la mort de l'industrie du disque. Les labels justifient leur rôle d'intermédiaire pour la distribution physique et les campagnes de publicité. Mais de nouveaux modèles économiques doivent être inventés afin de rivaliser avec le gratuit et trouver des alternatives, comme le partage des revenus publicitaire, le téléchargement financé par le visionnage de publicité, le sponsoring...
Pour ma part j'ai payé £ 0.90. Je fonde beaucoup d'espoirs dans cette économie du don. Outre le côté un peu austère du site Internet et les quelques informations perso à donner, le téléchargement est très rapide. Et la musique tellement bonne ! Personnellement, c'est le morceau Reckoner que je préfère.
Bon téléchargement !
29 mai 2007
Copyright, YouTube & DRM - Experts Speaking
While being a visiting scholar at the New York University, I could broaden my research on the online film distribution in the US. I also had the great opportunity to meet experts, who I usually read and with whom I could talk and exchange points of view.
Recently, I interviewed two professors specialized in copyright. Their opposing visions about the copyright's essence and future is of great interest. First, Jane Ginsburg, professor of literary and artistic property law at the Columbia University School of Law. As a jurist, she is in favor of the authors' right. Then, Siva Vadhyanathan, author of "Copyrights and Copywrongs", journalist and professor at New York University. As a copyright specialist, however not a jurist, he is in favor of the consumers' right.
About the Viacom lawsuit against YouTube for massive copyright infringement, Jane Ginsburg just reads the copyright act. In legal terms the suit relies on the Digital Millennium Copyright Act of 1998 (DMCA), which made it illegal to deploy technology intended to circumvent legitimate copyrights. But the law included a so-called "safe harbor" provision, which indemnified some kinds of Internet companies if they immediately blocked or removed such content when a copyright holder
informed them it was there.
But the safe harbor does apply only for service providers, defined in Sub-section k, Paragraph 512, of the DMCA, as "an entity offering the transmission, routing, or providing of connections for digital online communications (…)". Then YouTube would like to attract the attention on the safe harbor and make us forget that it applies only to service providers, which it is not at all. For Siva Vadhyanathan, YouTube can absolutely be considered as a service provider. Thus, he believes YouTube-Google could prevail in the case.
About the hypothetical future of online film distribution without DRM, like what is happening in the music industry, Jane Ginsburg reminds us that there have been two different kind of DRMs: on streaming and on downloading. DRMs on streaming are essential and will remain as such. Concerning the distribution with DRM on downloading (which limits the number of terminals allowed to read the file), Jane Ginsburg underlines the fact that it still exists since one can download a song for $0.99 with DRM or $1.29 without DRM. The selling without DRM will then have to prove its worth.
For Siva Vadhyanathan, DRMs are less a protection against copy but more a protection for a certain control over the market. According to him, it is essential for the industry to distribute films without DRM in order to allow the public to remix. The better satisfied the consumers are about a service, the more likely they are to use it, and the more clients the industry gets. A resolutely consumer-friendly vision!
24 mai 2007
Le copyright, YouTube & les DRM - Parole d'experts
L’intérêt d'être "visiting scholar" à l'Université de New York, afin de d'approfondir mes recherches sur la distribution des films par Internet aux USA, ne réside pas tant dans le nombre d'études et d'ouvrages à ma disposition, que dans l’opportunité de rencontrer des experts que je lis d’habitude et avec lesquels je peux échanger de vive voix, confronter des points de vue.
Dernièrement, j'ai pu interviewer deux professeurs spécialisés dans le droit d'auteur. Leur divergence d'opinion sur la consistance et l'avenir du copyright m'a beaucoup intéressée. Tout d'abord, Jane Ginsburg, professeur de droit de la propriété littéraire et artistique à la Columbia University School of Law. Juriste pure et dure, elle est en faveur du droit des auteurs. Puis, Siva Vadhyanathan, auteur de "Copyrights and Copywrongs", journaliste et professeur à la New York University. Spécialisé dans le droit d'auteur sans être juriste, il est en faveur du droit des consommateurs.
Concernant le dépot de plainte de Viacom contre YouTube pour violation massive des droits d'auteur, Jane Ginsburg ne fait que lire le texte de loi. D’un point de vue légal, le Digital Millennium Copyright Act de 1998 (DMCA) interdit le contournement des mesures techniques de protection (DRM). Cependant, un amendement (le Safe Harbor) protège les sites Internet qui contiennent du contenu pirate posté par les utilisateurs, tant que les sites le suppriment immédiatement sur demande de l’ayant droit.
Mais le Safe Harbor ne s'applique que pour les fournisseurs de service, définis dans la sous-section k, paragraphe 512, du DMCA, comme "entité offrant la transmission, le transport, ou la fourniture de connections pour les communications numériques en ligne (…)". YouTube voudrait donc que s'applique une clause qui ne le protège pas, étant donné qu'il n'est en aucun cas un fournisseur de service. Siva Vadhyanathan, quant à lui, affirme que YouTube peut tout à fait être considéré comme fournisseur de service et pense donc que YouTube-Google pourrait bien remporter le procès.
Concernant l'hypothèse d'une future distribution des films sur Internet sans DRM, à l'image de l'initiative de l'industrie du disque, Jane Ginsburg rappelle qu'il faut bien distinguer deux types de DRM : sur le streaming et sur le téléchargement. Les mesures techniques de protection sur la diffusion en streaming sont essentielles et sont là pour durer. Pour ce qui est de la distribution avec DRM au téléchargement (qui limite le nombre de terminaux autorisés à lire le fichier), Jane Ginsburg souligne que celle-ci n'est pas encore abandonnée puisque l'on peut acheter un même morceau $0.99 avec DRM ou $1.29 sans DRM. La vente sans DRM devra donc faire ses preuves. Et l'économie du cinéma n'ayant pas les même enjeux économiques que l'économie du disque, reste à savoir si la vente de films sur Internet sans DRM au téléchargement sera à terme une solution viable.
Pour Siva Vadhyanathan, les DRM sont moins une protection contre la copie, qu'une protection pour un certain contrôle du marché. Selon lui, il est essentiel pour l'industrie de distribuer des films sans DRM, afin de permettre au public de remanier les œuvres à leur gré. Plus les consommateurs sont satisfaits d'un service, plus ils sont nombreux à l'utiliser, et plus l'industrie a de clients. Une vision résolument "consumer-friendly" !
